Lettre confinée pour plus tard

« J’ai griffonné ça, c’est à prendre ou à laisser, voilà ». Huguette dans « Scène de Ménages – M6″

Partager une expérience certainement devenue commune pour nombre d’entre nous : ne pas sortir de chez soi durant deux semaines.

C’est à dire, ne pas mettre les pieds en dehors de l’appartement, hormis pour prendre l’air quelques instants sur le balcon (petit mais costaud).

selfie_balcon_20200410
Je pense n’être jamais resté aussi longtemps sans sortir de chez moi. Heureusement, l’entourage familial était bien présent. Déjà la chance de ne pas être seul, le contact humain réel et le virtuel (skype) sont appréciables. Le concours de circonstances qui m’a conduit à demeurer enfermé ? Une immense fatigue constatée aux premiers jours des annonces gouvernementales des mesures de confinement, deux jours immobilisés au lit (19 et 20 mars) avec courbatures, fièvre, maux de ventre et d’estomac, aucun appétit, etc.

Certains proches m’ont confié que j’étais dans le déni, que j’avais choppé cette m*** de Covid19 et que je ne voulais pas me l’avouer … mais … au début de la période, on parlait essentiellement de symptômes comme l’essoufflement, la gène respiratoire, la toux. Rien de tout cela de mon côté. Les dix-douze jours qui ont suivi m’ont conduit à une activité vitale minimale alternant les phases de travail (à distance sur écran) qui m’ont permis de rythmer mes journées, les phases de détentes (sur écran) et bien entendu les moments d’échange en famille (pas devant l’écran !). Et certains soirs forcément, un grand ras le bol des écrans !

Au bout d’un moment, tu sens ton corps devenir de plus en plus mou, ton cerveau apathique. Ressentir l’ensemble de tes membres et tes muscles comme en train de se liquéfier, s’atrophiant comme dans « La métamorphose » de Kafka dont est victime Gregor Samsa. La peau devient sèche. Lorsqu’une vague d’angoisse te prend en journée et t’empêche de dormir deux nuits de suite (du 22 au 23 et du 23 au 24) … Là, tu sens le néant se rapprocher, le vide complet. La phytothérapie et l’homéopathie ne peuvent rien pour toi, tu testes la pharmacopée un peu plus lourde, guère mieux !

En repensant à l’ami Jean-Jacques Rousseau et à son approche si authentique de la Nature, tu te dis que le salut viendra de l’extérieur, loin du confinement obligatoire, de la psychose déjà bien installée, de l’atrophie musculaire qui te guette, etc …

La prise de décision vers le sursaut salvateur ? Une attestation dans les règles pour profiter d’une heure de marche en (presque) pleine nature sans personne, sous le soleil. Prendre le temps de respirer profondément, se poser et tenter de ne penser à rien.
200326_montage_balade

Constat. Une bonne bouffée d’oxygène salvatrice à laquelle succédera deux jours de courbatures. Je n’aurais jamais pensé qu’en 15 jours, on pouvait tomber si bas et que même un effort minime comme la marche provoquerait de telles courbatures et une telle remontée (si haut) du moral et de la forme physique (Merci Jean-Jacques).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *